Non au retour de la dictature en Haïti !

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NON ! Fermement NON ! Non au retour de la dictature ! On ne doit pas tolérer un pouvoir de facto depuis le 7 février 2021 selon l’énoncé de l’article 134-2 de la Constitution haïtienne. On ne doit pas tolérer les dérives autoritaires que Jovenel Moïse continue à exercer contre des citoyennes et citoyens. L’urgence exige, face aux crimes et aux exactions exercées contre la population par le régime PHTK en place, que tout le pays se soulève avec plus de détermination et plus de vigueur pour dire : Non ! On ne doit pas tolérer un imposteur qui dépasse comme bon lui semble ses limites en vue de la matérialisation de son projet dictatorial.

Jovenel Moïse était arrivé à la magistrature suprême avec l’appui des pays impérialistes, du CORE Group et de certains membres de l’oligarchie haïtienne qui le maintiennent au pouvoir. Impopulaire et illégitime, élu avec seulement 500 000 voix environ sur une population électorale de 6 millions de personnes, le représentant du PHTK (symbole de dérives) a sombré le pays dans le chaos total. Malgré les vives contestations de la part de la population, de l’opposition politique et des forces vives de la nation haïtienne, Monsieur Moïse se tient encore au pouvoir illégalement et en toute impunité. Un fait est certain, le choix de gouvernance et l’orientation politique de l’équipe du PHTK-Jovenel Moïse ne choquent pas ses supporteurs, notamment certaines ambassades et des diplomates immoraux qui le gardent au nom de la démocratie. Quelle honte ! 

Depuis son arrivée au pouvoir, l’intention de Jovenel Moïse était claire. Rappelons sa fameuse phrase burlesque : « le président à parler point barre ! » Par cette déclaration, son projet pour le retour de la dictature en Haïti était bel et bien annoncé. Ce même Jovenel Moïse s’est auto-proclamé par la suite « Apredye » (après Dieu, c’est moi qui ai tout le pouvoir). C’est-à-dire, il a le pouvoir à lui tout seul. Certains l’avaient certes dénoncé au départ, d’autres pensaient que c’était une mauvaise blague en évoquant l’argument selon lequel Jovenel Moïse n’a pas les moyens pour réinstaller une dictature en Haïti. La suite des évènements montre que cet argument ne tient pas, car il s’érige en maitre de la République symboliquement et matériellement tout en affaiblissant les principales institutions républicaines.

Le dimanche 14 février 2021, alors la population était dans la rue à Port-au-Prince, la capitale haïtienne pour réclamer le départ formel de Jovenel Moïse, il portait pour sa part une couronne en pleine festivité carnavalesque à Port-de-Paix, région Nord-ouest d’Haïti. Ce geste ne serait-il pas un signe traduisant sa volonté manifeste de devenir chef suprême d’une monarchie absolue ?   

Jovenel Moïse a choisi de ne pas organiser les élections législatives en 2017 pour la Chambre des députés et pour les deux tiers (2/3) du Sénat en 2019 pour qu’il constate la caducité du Parlement haïtien le deuxième lundi du mois de janvier 2020. Depuis, il dirige le pays par décrets. Les institutions républicaines sont vassalisées, la terreur, la répression et la corruption deviennent la règle d’or et le pouvoir judiciaire est complètement assujetti. D’ailleurs, il avait déclaré qu’il a nommé 50 juges illégalement dans le système judiciaire. Cette action hors la loi traduit l’expression de la mainmise de Jovenel Moïse sur le pouvoir judiciaire.   

Parmi les quarante-et-un (41) décrets qu’il a adoptés, celui du 5 janvier 2021 est apparu comme l’action la plus aboutie dans la mise en œuvre d’une dictature en ce qu’il ordonne au Conseil Electoral provisoire (CEP) illégal et anticonstitutionnel d’organiser un référendum constitutionnel et les élections. Ce CEP est décrié par la population qui le dénonce sans demi-mesure. Le décret du 5 janvier exige en même temps de prolonger le mandat du Comité consultatif pour l’élaboration du projet de Constitution pour deux mois. Le référendum constitutionnel programmé pour le 25 avril 2021 et l’organisation des élections en novembre prochain par ce pouvoir de facto représentent un grand danger pour l’avenir de la nation haïtienne. Il revient au peuple haïtien de soulever contre ce projet macabre et nocif.   

En outre, sous le regard complice et la protection du pouvoir de facto, depuis 2020, des gangs armés se sont fédérés sous le nom de : « G-9 an Fanmi et alliés ». Ils kidnappent, assassinent, violent et sèment la terreur un peu partout sans qu’aucun d’entre eux n’ait jamais été appréhendé par la Police. Les habitants des quartiers populaires sont les plus exposés aux actes criminels des chefs armés réputés proches du régime PHTK-Jovenel Moïse. Les gangs ont orchestré sous l’ordre de l’État plusieurs massacres à Carrefour-Feuilles, Martissant, La Saline, Cité Soleil et au Bel-Air. Les familles de ces victimes peinent encore à obtenir justice.

Des assassinats spectaculaires ont été également mis en œuvre : le Bâtonnier de l’ordre des avocats (Me Monferrier Dorval, habitant le même quartier du président de facto), Grégory Saint-Hilaire (étudiant de l’École Normale Supérieure par des agents de la garde présidentielle), Évelyne Sincère (jeune-élève retrouvée morte sur une pile d’immondices) et tous les enfants, les militants, les déshérités et anonymes tués par ce régime sanguinaire sont loin d’obtenir justice.

L’arrestation illégale du juge à la Cour suprême, Yviquel D. Dabrezil et d’autres personnes en leur résidence sous prétexte de complot contre la sureté intérieure de l’État est un mauvais film joué par des cabotins est passée en dérision par la population. Cela montre comment le projet dictatorial de Jovenel Moïse est en pleine expansion.   

Face aux dérives autoritaires et totalitaires du pouvoir de facto, des organisations et forces vives de la nation haïtienne s’élèvent pour dénoncer la corruption, le kidnapping, la violence d’État et les exactions des gangs armés.

L’église catholique et protestante, des universitaires et spécialistes du droit constitutionnel (Haïtiens et étrangers), des personnalités de la société civile un peu partout à travers le monde, la Confédération des barreaux d’Haïti, l’opposition politique haïtienne organisée, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et tout citoyen et citoyenne lambda ont disqualifié la présence de Jovenel Moïse à la tête du pouvoir exécutif.

La situation est alarmante, inacceptable et révoltante. Il est clair que nous sommes à l’ère du despotisme et de la tyrannie. Nous assistons à une période rappelant les moments tragiques de la dictature. Nous risquons de revivre le temps de se parler par signe. Raison pour laquelle qu’on ne doit pas tolérer l’installation de cette nouvelle dictature en Haïti. 

Haïtiens et Haïtiennes, indignez-vous ! Seul moyen pouvant sauver le pays, notre patrie. Prenez votre responsabilité face à cette nouvelle page d’histoire comme nous l’avons toujours fait. Investissez la rue avec plus de détermination, plus de vigueur. Plus de fermeté. Plus d’énergie. N’ayez pas peur ! La rue, c’est votre salon, comme dit le dicton populaire. Investissez la rue pour l’histoire, pour la dignité humaine, pour la souveraineté, pour la démocratie ! N’ayez pas peur de scander NON ! NON au retour de la dictature en Haïti !  

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